Big Bliss, joie marginale

Un oeuf du nid Brooklyn va bientôt éclore.

À en croire Theodore Roosvelt, le mérite est à ceux qui luttent constamment. La maxime du vingt-sixième président des États-Unis n’a jamais résonné aussi vrai qu’à l’écoute de cette jeune formation se promenant en toute discrétion entre les blocs livides de Brooklyn. Et oui, difficile de marcher la tête haute et sereinement lorsque l’on provient d’un véritable lieu de culte de l’indie-rock américain, où TV On The Radio et les Dirty Projectors ont déjà leurs autels depuis un sacré paquet de temps tandis que des certains DIIV, Beach Fossils ou encore Big Thief veillent tranquillement sur leur héritage.

Et pourtant, les enseignements des vénérables anciens n’ont d’égal que le sens du travail du quatuor qui a mis toute son énergie pour prétendre rejoindre les siens sans pour autant sonner véritablement comme eux. Comme s’ils marchaient sur le trottoir d’en face timidement mais d’un pas net. Car ici, point de rêverie ambiante comme chez les copains de Zachary Cole Smith. Big Bliss emprunte son inventivité aux Talking Heads, la chaleur de ses guitares à Gang Of Four et ses beats salvateurs à la scène indie-rock britannique des années 2000. Un condensé de sincérité et de courage réuni sur At Middle Distance, première galette du groupe sortie fin 2018 sur Exit Stencil Records, qui validera un titre de « Hardest Working Band » reçu un an auparavant, de la part de Oh My Rockness, spécialiste local du live. Et oui, le bonheur, le grand, ça se mérite.

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