Bowery Electric – Beat (1996)

Rythmiques trip-hop, plages synthétiques éthérées et mélodies quasi-effrayantes : bon voyage sous hypnose.

Avant de comprendre l’importance du groupe de Manhattan et surtout de son énorme Beat, il convient de reposer le contexte. Alors que le monde se remet tout doucement de l’ouragan grunge et qu’Oasis réinstaure l’hégémonie de la brit-pop grâce au futur classique (What’s The Story ?) Morning Glory (Creation Records, 1995), le critique musical Simon Reynolds évoque une vision prémonitoire dans les colonnes du magazine Mojo. Le terme « post-rock » est né, le futur ne sera pas fait de guitares et de saturation et les machines semblent amenées à prendre le pouvoir (Aphex Twin, Boards Of Canada et Jeff Mills marqueront 1996).⠀

Mais cette année-là, Lawrence Chandler et Martha Schwendener se lancent dans la construction d’un pont bien étrange entre shoegaze, ambient et hip-hop. Et malgré des mélodies vaporeuses virevoltantes et la voix de la jeune femme fondant sous la réverbération – soulignant une certaine influence de My Bloody Valentine – c’est bien la section rythmique qui dicte sa loi tout le long du disque. De Beat à Fear Of Flying en passant par Inside Out, les samples omniprésents balisent la route d’une basse ronde et métallique servant de fil rouge à l’auditeur. Répétitif mais jamais lassant, Bowery Electric joue avec les boucles pour nous plonger dans une atmosphère haletante quasi-dystopique. Suspendu hors du temps, on verrait presque un objet volant non-identifié flotter entre ces deux autoroutes grisâtres qui trônent sur la jaquette. Car ce fameux « après rock » ne se trouve finalement ni dans un sens, ni dans l’autre. Mais bel et bien sur la même trajectoire : tout droit.

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